Situation de la piraterie maritime en 2017

Situation de la piraterie maritime en 2017 by 14 juin 2018

Rizal Suma, ambassadeur d’Indonésie à Londres, a présenté la conférence en rappelant l’importance de la mer non seulement pour son pays, vaste État archipel, mais aussi pour le monde entier. Il a annoncé que la prochaine conférence annuelle Notre Océan se tiendra à Bali, en octobre prochain, et se concentrera sur le développement durable (pollution marine, protection marine, pêche durable …).

Selon le rapport annuel de l’ONG Oceans Beyond Piracy (OBP), alors que le nombre d’incidents impliquant des pirates a diminué dans le monde en 2017 par rapport à 2016, ce nombre augmentant au large des côtes d’Afrique, d’Amérique du Sud et dans les Caraïbes. Maisie Pigeon, expert principal du rapport, a souligné qu’en 2017 l’analyse de la piraterie montre que les groupes de pirates conservent leur capacité à organiser et exécuter des attaques contre les navires transitant dans la région. Selon ses explications, les réseaux criminels impliqués depuis longtemps dans la piraterie se tournent maintenant vers de nombreux autres trafics comme ceux de la drogue, des armes et de la faune sauvage.

Il est surprenant de voir que dans la Corne de l’Afrique, le nombre d’incidents entre les navires et les pirates a fortement augmenté en 2017 par rapport à l’année précédente, selon le rapport OBP et le rapport annuel sur la piraterie du Bureau Maritime International (IMB). Les incidents de piraterie dans la Corne de l’Afrique ont doublé en 2017, en particulier au large des côtes de la Somalie, cette zone restant toujours un objectif clair de la communauté internationale depuis 2012. Le premier détournement d’un navire marchand en cinq ans a été enregistré avec la capture de l’Aris-13 en mars 2017. Des incidents ont également été enregistrés au large des côtes du Yémen, en raison de la situation chaotique qui prévaut dans le pays depuis 2011. Un représentant d’Atalanta a mentionné qu’en décembre 2017 une mine navale avait été découverte le long de la côte yéménite.

La situation est très préoccupante dans toute l’Asie, où les pirates ont longtemps été une menace pour les États du littoral et l’industrie maritime. Selon le rapport OBP, la région enregistre toujours le plus grand nombre d’incidents de piraterie dans le monde, mais on constate une baisse globale des incidents signalés de 23% en 2017 par rapport à 2016 et de 51% par rapport à 2015. Par exemple, les incidents de kidnapping avec rançon ont diminué de 80% grâce à la coopération régionale des forces de police. Mais le coût humain de la piraterie est particulièrement élevé avec 17 marins morts lors d’incidents en 2017. Maisie Pigeon a expliqué que la coopération entre les pays de la région a été un élément clé pour combattre les pirates citant l’accord entre 3 pays du Sud Est asiatique – l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines –  qui organisent des patrouilles coordonnées, principalement dans la mer de Sulu, pour sécuriser les mers.

Selon OBP, en Amérique latine et dans les Caraïbes, les incidents de piraterie ont augmenté de 160% en 2017 par rapport à l’année précédente. Le Vénézuela a été cité comme faisant face à une forte augmentation de la piraterie.

Quelles sont les principaux changements à compter de 2017?

Augmentation de la vigilance, de la communication, de la collaboration active entre les forces navales (principalement les Forces maritimes conjointes et Atalanta), respect des bonnes pratiques de gestion par les armateurs et les gardes privés de sécurité ont été mentionnés pendant la période de questions et réponses comme étant le meilleur moyen de lutter contre la piraterie. Pour l’avenir, quelques changements sont attendus : l’opération européenne Atalanta va être prolongée de 2 ans, MSCHOA devrait être transféré hors du Royaume-Uni vers 2019.

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