CRIMARIO-MASE: un partenariat gagnant-gagnant

CRIMARIO-MASE: un partenariat gagnant-gagnant

CRIMARIO-MASE: un partenariat gagnant-gagnant

by 4 octobre 2018

Objectifs de CRIMARIO

Le projet européen CRIMARIO, financé (5,5M€) par la direction générale de la coopération internationale et du développement (DG DEVCO) de la Commission Européenne au sein du programme Routes Maritimes Critiques et débuté en janvier 2015, a pour zone d’actions l’océan Indien occidental.

1.1.- Son objectif principal pour la région est d’aider les pays partenaires à renforcer la connaissance de la situation maritime dans le but d’améliorer la sécurité et la sureté en mer et de préserver l’environnement marin. Cette connaissance combine la fusion de données maritimes diverses et son partage entre les pays intéressés pour améliorer leur maîtrise de ce qui se déroule au large de leurs côtes.

Les pays partenaires sont pour l’instant : Comores, Kenya, Madagascar, Maurice et Seychelles.

1.2.- Les moyens de CRIMARIO se déclinent en 3 types d’actions qui se complètent :

⇒ Diffuser des formations de formateurs, meilleure façon de renforcer les compétences des différentes administrations qui envoient des stagiaires et de mettre en place un réseau de compétences ;

⇒ Mettre en place une plateforme de partage de l’information maritime, un instrument qui permet aux pays partenaires d’échanger leurs informations et de conduire des opérations mutuelles à travers un véritable réseau de partenaires maritimes ;

⇒ Participer à la mise en place d’une gouvernance maritime favorisant la coopération et une culture du partage de l’information, en aidant les politiques nationales et en faisant valider une politique commune par la communauté des États concernés.

De ces 3 types d’actions, la dernière est clairement la plus délicate à mettre en œuvre sans assise locale et sans le soutien d’une organisation régionale.

Mis en œuvre par Expertise France et par une équipe de 5 experts senior, le terme du projet est fixé à fin 2019.

Objectifs de MASE

2.1.- Mais dans l’océan Indien occidental, un autre programme financé par l’Union Européenne (Fonds Européen de Développement) à hauteur de 37,5M€ sur la période 2013-2020, a une vocation similaire à CRIMARIO : c’est le programme régional de Sécurité Maritime (MASE) qui vise à promouvoir la sécurité et la sureté en mer pour les pays de la région l’Afrique orientale et australe et océan Indien (AfOA-OI). Sous coordination de l’IGAD (Autorité Inter-Gouvernementale pour le Développement), le projet se décline en 5 volets, dont les trois premiers sont pilotés par l’IGAD, l’EAC (East African Community) et la COMESA (Marché Commun de l’Afrique orientale et australe). Les 4ème et 5ème sont pilotés par la COI (Commission de l’Océan Indien) et destinés au « renforcement des capacités nationales et régionales pour la sécurité maritime » et à « la mise en place d’un réseau d’échanges d’informations et de coordination ».

2.2.- Avec le soutien de la COI, MASE a décidé la création d’un Centre Régional de Fusion de l’Information Maritime (CRFIM) basé à Madagascar et d’un Centre Régional de Coordination des Opérations Maritimes (CRCO) basé aux Seychelles : ces deux centres sont opérationnels et indispensables à la sécurisation des espaces maritimes. MASE a réussi, après 3 années de discussions, à mettre autour d’une même table tous les pays et organisations de l’océan Indien occidental pour une réunion interministérielle qui a abouti à Maurice le 29 avril 2018 à la signature historique par 5 nations (Maurice, Seychelles, Madagascar, Comores et Djibouti) de deux accords, l’un sur l’échange d’informations maritimes et l’autre sur la coordination d’opérations conjointes en mer. La France devrait être prochainement le 6ème signataire. Ces accords marquent également la volonté des États de la région de renforcer leur coopération dans le domaine de la sécurité maritime.

Une collaboration efficace

Loin d’être concurrents sur la même zone, CRIMARIO et MASE se sont associés pour le plus grand bénéfice des partenaires de nos deux projets et de son principal bailleur, l’Union Européenne. Les deux projets ont le souci de répondre efficacement au besoin régional de maîtrise du domaine maritime des Etats partenaires, en totale complémentarité et dans un souci de durabilité et de pérennisation des systèmes et capacités mis en place.

3.1.- MASE apporte son expertise en matière de gouvernance et ce n’est pas le plus facile ! L’égide de la COI apporte un cadre politique et institutionnel et une légitimité qui a permis d’aboutir à des résultats concrets et importants pour la région ; il faut souligner l’acceptation par une majorité de partenaires de la nécessité de s’associer pour être plus efficaces dans la connaissance des flux maritimes, dans le partage de l’information maritime et la lutte contre tous les trafics sur mer et les atteintes à l’économie bleue.

3.2.- CRIMARIO apporte son expertise en matière de renforcement des capacités selon deux axes : la formation de formateurs et le partage de l’information maritime.

3.2.1.- Notre formation-phare est une formation de formateurs de près de 6 mois, divisée en deux parties :

⇒ l’une intitulée « Visualisation », destinée à donner aux stagiaires les compétences nécessaires pour collecter, prioriser et présenter les informations maritimes sur une table, un graphique ou une carte ;

⇒ l’autre intitulée « Analyse », qui permet aux stagiaires de prendre du recul face à la somme importante de sources d’informations et d’avoir la bonne analyse de situation et de donner le compte rendu approprié au décideur.

Nos experts ont ainsi formé en 2017 15 Malgaches et 10 Comoriens de différentes administrations, en particulier ceux armant le CRFIM. Et en 2018, nous formons en parallèle 11 Seychellois (en particulier ceux armant le CRCO) et 6 Mauriciens à Mahé et 17 Kényans et 3 Malgaches à Mombasa.

Durant ces formations, les stagiaires sont testés à chaque étape pour passer à la suivante, avec 3 étapes en « Visualisation » et 2 en « Analyse ». Certains échouent et repartent avec une formation partielle ; mais ceux qui vont jusqu’au bout de la formation seront à coup sûr de bons formateurs.

D’autres formations « à la carte » sollicitées par nos partenaires sont aussi délivrées, comme cela est le cas en 2018 avec Madagascar et les Comores.

3.2.2.- CRIMARIO apporte aussi son expertise en matière de partage de l’information maritime. La signature des accords du 29 avril 2018 tombe à point nommé pour la livraison de la plateforme d’échange d’informations maritimes IORIS (Indian Ocean Regional Information Sharing & Incident Management Network) initiée par CRIMARIO et dont la version opérationnelle a été livrée le 1er juillet 2018. Cette plateforme a commencé à équiper le CRFIM de Tananarive et le CRCO de Mahé et certains centres nationaux du Kenya, de Maurice et des Seychelles. Cette livraison est accompagnée d’une formation de formateurs en 3 étapes qui a débuté à la fois en anglais et en français. L’inauguration officielle de IORIS s’est déroulée à Mahé le 4 septembre 2018 devant nos partenaires et une représentation de pays de l’océan Indien qui pourraient être intéressés par ce système. Avant fin 2018, IORIS équipera aussi les centres nationaux de surveillance maritime des pays qui sont nos partenaires.

3.4.- Sous l’égide de MASE, des documents ont été signés en marge de la réunion ministérielle pour fixer les règles de fonctionnement des centres régionaux (CRFIM et CRCO) et pour définir les termes de référence des officiers de liaison destinés à armer ces deux centres régionaux. Et dans la continuité de la coopération MASE/CRIMARIO, MASE a sollicité CRIMARIO pour la formation de ces Officiers de Liaison Internationaux (OLI) qui vont prochainement être déployés au sein de ces centres régionaux. Cette formation aura lieu en 2019, après que MASE en aura fait la demande officielle et aura transmis les documents permettant de l’élaborer.

Conclusion

En dépit de leurs différences de format, de budget et de cadre institutionnel, MASE et CRIMARIO ont su valoriser leur complémentarité et s’organiser en faveur d’une meilleure gouvernance maritime pour l’océan Indien.

Il était donc naturel de les associer, pour que MASE comme CRIMARIO puissent optimiser l’expression de leurs expertises. Cela s’est fait en douceur et les partenaires se félicitent de ce partenariat qui permet que l’action de l’Union Européenne soit favorablement perçue par les pays de la région grâce à sa cohérence, son efficacité et son souci de s’inscrire dans la durée.